© 2016 NEWSODN Compagnia di Maria Nostra Signora
  • Dimanche, 21 Octobre 2018
  • Sainte Céline/Sainte Ursule

Decretum super virtutibus Servante de Dieu Coínta Jáuregui Osés

Religieuse Professe de l’Ordre de la Compagnie de Marie Notre-Dame (1875-1954)

Juin 2015 | Spiritualité

DECRETUM SUPER VIRTUTIBUS


«L’amour ne passera jamais» (I Co 13,8).

Ces paroles sur la charité de la Lettre aux Corinthiens résonnaient au cœur de la Servante de Dieu, Coínta Jáuregui Osés, lorsqu’elle demandait au Seigneur qu’il insuffle en elle “les délicatesses de la charité”. Sa manière d’être et de se situer dans la vie laissa un souvenir profond chez ceux qui la connurent et c’est pour cela qu’ils proclamèrent qu’elle était une sainte. Coínta irradiait la patience, l’abnégation et le don de soi sans réserve, toujours avec une humilité qui la rendait très humaine et faisant preuve en même temps d’une sagesse que seuls possèdent ceux qui se sentent habités par quelqu’un qui les dépasse.

La Servante de Dieu naquit dans le village de Navarre de Falces, le 8 février 1875. Elle vécut dans l’Espagne de la fin du XIXème siècle et de la première moitié du XXème, époque marquée par le contraste entre les grands progrès scientifiques et technologiques et les profonds reculs causés par deux guerres mondiales et la guerre civile espagnole. C’est dans ce contexte qu’elle forgea sa personnalité.

En pleine jeunesse, elle découvrit Dieu comme l’amour de son coeur, le seul qui pouvait rendre au monde tout son sens, au milieu de tant de destruction et de violence. Par amour pour le Seigneur, elle quitta tout pour le suivre et trouva dans l’Ordre de la Compagnie de Marie Notre-Dame et sa mission éducative la voie pour réaliser ses désirs de service et de don de soi.

Coínta avait reçu une éducation intégrale prodiguée par les religieuses fondées par Sainte Jeanne de Lestonnac, dont elle voulait maintenant faire partie. Elle désirait engager toutes ses forces dans l’engagement pour l’évangélisation des jeunes, par une éducation qui répondrait aux défis présentés par la société de cette époque. Et Notre-Dame était le modèle de femme qu’elle voulait devenir et qu’elle souhaitait présenter à d’autres femmes. Le 18 octobre 1893, elle entra dans la communauté de Tudela pour commencer sa formation en tant que religieuse.

Tout au long de sa vie, elle assura différents services: enseignement aux fillettes et aux jeunes filles, gouvernement, administration, formation… En tous, elle sut conjuguer douceur et fermeté, courage et générosité, humilité et force. Les nombreuses générations qu’elle éduqua s’en souviendront toujours pour sa bonté et la finesse de ses manières.

Le 17 novembre 1899, elle fit partie des religieuses qui partirent de Tudela pour Talavera de la Reina, où elles fondèrent une nouvelle Maison de l’Ordre. Elle en fut supérieure de 1915 à 1921 et de 1925 à 1928. En 1931, elle fut envoyée à Limoges, en France, pour connaître l’expérience de cette communauté qui avait survécu à l’instabilité politique et à la persécution religieuse. Sur le chemin du retour, elle fit connaissance des communautés d’Orduña et de Saint-Sébastien. Elle laissa en ces Maisons le souvenir de son humilité et de son exquise charité. A son arrivée, elle fut à nouveau nommée supérieure et assura ce service de 1932 à 1940.

Avec une sagesse qui naît d’un don de soi inconditionnel, elle affronta les difficultés qui se firent sentir avec force lorsque la guerre parvint jusqu’à Talavera de la Reina. Du 5 septembre 1936 jusqu’au 13 novembre 1939, elle et sa communauté durent abandonner leur couvent qui fut transformé en hôpital pour soigner et accompagner les blessés. A cette époque, on décida d’envoyer quelques religieuses à Badajoz et Coínta donna son impulsion à l’ouverture d’une école en cette ville.

La Servante de Dieu, avec courage et persévérance, faisait partie du groupe – et en avait même été la tête à un moment – qui s’opposait à l’union de toutes les Maisons de l’Ordre; elle défendait alors la fidélité aux origines et à la tradition. Cependant, avec le même courage et à cause de son amour de la vérité, elle sut plus tard accueillir la lumière que Dieu lui offrait, pour comprendre, par la connaissance d’autres réalités et au sein de circonstances difficiles, que l’union que l’on continuait de chercher à cette époque dans la Compagnie et dans l’Eglise était la volonté du Seigneur. Sans se soucier des critiques et des incompréhensions, elle n’hésita pas alors à se rétracter et à adhérer, en juin 1941, à ce qu’elle avait combattu auparavant.

Ceci, qui marqua la dernière étape de sa vie, lui imposa un coûteux déracinement de la communauté de Talavera. Elle fut envoyée à la communauté de Saint-Sébastien où, depuis un certain temps déjà, des changements s’étaient effectués, car elle faisait partie de l’Union depuis 1921. Là, elle donna de grandes preuves d’humilité, rendant service dans la mesure de ses forces déclinantes, rayonnant toujours de bonté, de compréhension et de patience. En peu d’années, sa sainteté fut perçue par tous ceux qui lui étaient proches et par les religieuses qui l’accompagnèrent jusqu’au bout.

Mère Coínta meurt à Saint-Sébastien le 17 janvier 1954. Une fois la nouvelle connue, de nombreux messages écrits commencèrent à arriver, qui témoignaient tous d’une même opinion sur la sainteté de sa vie. Tous avaient compris, par son témoignage, que c’est l’amour qui fait les saints, qui fait que le monde découvre en eux le véritable visage de Dieu. Dans le quotidien, dans les gestes simples de chaque jour, elle avait été une religieuse extraordinaire. Beaucoup commencèrent à se recommander à elle et à se sentir favorisés par son intercession.

C’est pour cela que sa Cause fut introduite le 7 janvier 1982. Entre 1982-1983, le Procès Apostolique fut réalisé auprès de la Curie Episcopale de Saint-Sébastien et le 21 décembre 1984, on obtint le décret sur sa validité, de la Congrégation pour les Saints. La Positio fut préparée, selon la manière habituelle, pour présenter l’exercice des vertus de la Servante de Dieu au degré héroïque. Le 8 octobre 2013, elle fut étudiée de façon positive par le Congrès des Consulteurs Théologiens. Lors de la Session Ordinaire du 20 janvier 2015, dirigée par moi-même, Angelo Cardinal Amato, les Cardinaux et les Evêques ont reconnu que la Servante de Dieu avait vécu au degré héroïque les vertus théologales, cardinales et autres vertus qui s’y rapportent.

Finalement, un rapport détaillé concernant tous ces faits ayant été effectué par le soussigné Cardinal Préfet pour le Saint-Père François, Sa Sainteté, acceptant les votes de la Congrégation pour les Causes des Saints et les ayant ratifiés, a déclaré en ce jour: Qu’il reconnaît l’héroïcité des vertus théologales de foi, d’espérance et de charité envers Dieu et envers le prochain et les vertus cardinales de prudence, justice, tempérance et force et les autres vertus s’y rapportant, de la Servante de Dieu Coínta Jáuregui Osés, religieuse professe de l’Ordre de la Compagnie de Marie Notre-Dame, pour le cas et les effets en question.

Le Souverain Pontife a ordonné que ce décret soit publique et soit inclus dans les actes de la Congrégation pour les Causes des Saints.

Donné à Rome, le 22 du mois de janvier de l’année du Seigneur 2015.



ANGELUS Card. AMATO, S. D. B.
Praefectus

 

+ MARCELLUS BARTOLUCCI
Archiep. tit. Mevaniensis
a Secretis

Télécharger l'article PDF

Télécharger l'article latin

AJOUTER UN COMMENTAIRE

0 Comentarios