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Cri de détresse à toute la communauté internationale

Cri de detresse des membres de conseils generaux face aux massacres inhumains en république démocratique du congo, notamment dans le diocèse de beni-butembo.

Mayo 2015 | Justicia y Solidaridad

1. Introduction
Nous, membres des Conseils généraux de différents Ordres et Congrégations présentes dans le Diocèse de Butembo-Beni, en République Démocratique du Congo, avons appris les récents troubles et massacres dans le diocèse de Butembo-Beni et ses environs. Nous avons été choqués en apprenant les tueries effroyables de civils désarmés.
Chères soeurs et frères, membres de la Commission Justice et paix, Intégrité de la création, nous vous adressons ce message au nom de ce peuple meurtri pour que vous fassiez vôtre notre cri.

2. La dignité de la personne humaine a sa source en Dieu et est inviolable
Nous dénonçons et condamnons la cruauté et la brutalité des assassinats – d’enfants et d’adultes – dans les régions du diocèse de Butembo-Beni. Nous écrivons ce communiqué dans une perspective de foi. Chaque personne est à l’image et à la ressemblance de Dieu (Gn 1,27). Les massacres de la population qui sévissent dans la région de Mbau, dans le diocèse de Butembo-Beni, sont clairement un crime contre l’humanité.

3. Le contexte
La République Démocratique du Congo n’a pas bénéficié d’une paix totale depuis qu’elle a obtenu de la Belgique son indépendance nationale, le 30 juin 1960. En conséquence d’une succession de conflits, de nombreuses personnes sont devenus
des déplacés de l’intérieur, ou sont partis en exil, tandis que d’autres ont payé de leur vie. Les causes profondes de ces conflits sont complexes : elles vont de questions liées à la gouvernance à des modes inéquitables ou opaques d’exploitation des abondantes et riches ressources économiques du pays.

Au cours de deux dernières décennies, le conflit congolais à impliqué de nombreux groupes militaires locaux et étrangers, au nombre desquels les Forces Démocratiques Alliées/ L’Armée Nationale de Libération de L’Ouganda, le M23, les FDLR, les Maï-Maï. Beaucoup de groupes rebelles et forces armées ont mené leurs opérations dans les régions orientales de la RDC, provoquant des désastres bien documentés, des brutalités, des déplacements massifs de populations, des enlèvements, des viols et des tueries proches du génocide. Au nombre des personnes enlevées figurent trois religieux prêtres.

Malgré l’appel fait à la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC, puis MONUSCO) d’aider à protéger la vie des civils, la situation demeure critique.

4. Des massacres sans nom
Tous les efforts entrepris pour amener la paix tendent à être contaminés par des germes de division, des tensions et des luttes. Les massacres auxquels nous réagissons se sont produits entre octobre 2014 et mars 2015. D’après les informations dont nous disposons, des citoyens paisibles et désarmés ont été enlevés et assassinés dans des villages du territoire de Beni. Des incursions nocturnes d’hommes armés ont eu pour conséquence que des personnes ont été enlevées, d’autres tuées. Il y a aussi des pillages : vol d’argent et de bétails. Ces meurtres sont horribles : certains ont la gorge tranchée ; les bras de nombreux enfants ont été tranchés, certaines femmes sont violées et éventrées et plusieurs familles entières ont été massacrées. Les victimes ont été tuées brutalement avec des machettes, des couteaux ou des haches. Ces tueries ont atteint le diocèse de Bunia depuis janvier 2015. Jusqu’à ce jour, plus de 400 personnes ont été massacrées avec la même atrocité.

5. Conséquences des massacres
Ces tueries ont entraîné d’importantes séquelles: pénurie alimentaire, interruption ou dysfonctionnement des services médicaux, déplacements de population, migrations, insuffisance de services psycho-sociaux et interruption des structures et des services d’éducation. La vie des familles est tout à la fois perturbée ou détruite. Il est inadmissible que l’instabilité de la RDC et des tueries de cette nature perdurent et que le pays continue à être plongé dans une spirale de violence. Il est évident que la population de la RDC souffre depuis trop longtemps. Elle continue à vivre dans la précarité, la pauvreté et l’instabilité, alors que leur pays est doté de riches ressources naturelles auxquelles seuls ont accès les cupides et ceux qui ont des armes. Outre ces tueries, il y a sans nul doute la destruction de l’éco-système dans cette région qui abrite la deuxième forêt vierge mondiale, après celle de l’Amazonie.

6. Un cri de détresse à toute la Communauté Internationale
La situation de la RDC est trop complexe pour que nous puissions nous y impliquer. Cependant, au nom de Dieu, au nom de la longue souffrance du peuple congolais, nous en appelons au gouvernement de la RD Congo pour qu’il donne priorité à son peuple. Nous demandons au gouvernement congolais de ne signer des accords que si ces derniers permettent une distribution équitable des ressources économiques et profitent au peuple congolais. Dans un pays riche comme le Congo, le peuple croira en son gouvernement lorsqu’il y aura un changement positif dans la vie des gens ; quand une infrastructure viable sera développée, et quand des réseaux de communication entre les gens, dans une atmosphère de sécurité, de liberté seront assurés. Au nom du peuple congolais qui souffre depuis longtemps, nous pressons les Nations Unies, le Conseil de sécurité et la Mission de Nations Unies en RDC, de répondre à la situation critique des populations du Congo et d’aider le gouvernement à faire advenir une paix juste et durable. Nous en appelons à l’Union Africaine, aux institutions des SADC et COMESA de s’engager à oeuvrer à la stabilité du Congo, en sorte que ce « géant endormi » qu’est la RD Congo puisse se réveiller et contribuer à la croissance et au développement, non seulement des populations de la Région mais aussi du sous-continent et même de toute l’Afrique.

Chers frères et soeurs membres de la Commission Justice et paix, Intégrité de la Création, par vous, nous aimerions faire appel à la communauté internationale: gouvernements, organisations humanitaires et, bien entendu, les sociétés multinationales qui tirent de gros bénéfices de l’exploitation des ressources du Congo, pour qu’ils soutiennent notre appel en vue d’une enquête internationale transparente sur les massacres, de telle manière que l’impunité ne puisse plus être le dernier mot.
Nous vous disons merci de l’attention que vous accorderez à cette lettre, en faisant connaître ce conflit toujours en cours.
Que le Christ-Seigneur dont nous allons bientôt célébrer la Pâques vous accompagne et vous bénisse!

Rome, le 29 mars 2015

Les membres des Conseils généraux des congrégations

  • Augustins de l’Assomption, dits assomptionnistes
  • Soeurs de la Sainte Famille de Spoleto
  • Soeurs de Ordre de la Compagnie de Marie Notre Dame
  • Soeurs de Marie Réparatrice
  • Ordre de la Sainte Croix
  • Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs)
  • Prêtres du Sacré-Coeur de Jésus
  • Les Clercs réguliers mineurs, dits Carraciolins
  • Moines Sylvestrins (de l’Ordre de Saint Benoît)
  • Ordre des Carmes

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